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Villerable
Un village se penche sur son passé
Gérard MARMION

Bonne page 9

   Le maréchal-ferrant
   L’atelier du maréchal-ferrant était un lieu de rencontre privilégié pour les paysans du village, surtout à l’approche des grands travaux agricoles et, d’une manière plus générale, quand les conditions météorologiques éloignaient les cultivateurs des champs. Un beau jour – mais on ignore si ce fut avant ou après la première guerre mondiale – un homme à l’accent insolite pour les Vendômois s’établit à Chanteloup : François Puginier était né à Revel en 1883, le 7 novembre pour être précis. Après l’enseignement primaire, il avait opté pour la voie exigeante du compagnonnage afin d’acquérir la meilleure formation possible dans le métier qui le passionnait, celui de maréchal-ferrant. Il enrichit son expérience en faisant son « tour de France » et, le 25 juillet 1908, il fut reçu compagnon sous le nom de « Toulousain l’amour du travail ».

                     François Puginier en famille devant son atelier

   Certains matins, ses coups de marteau aussi déterminés que précis sonnaient le réveil des villageois, en faisant « chanter » son éclume de sonorités claires. On jetait alors un coup d’œil vers la pendule : cinq heures, il est pas en r’tard le Françouais ! Un peu plus tard, après avoir allumé la forge, il prenait un solide petit déjeuner préparé par son épouse. Puis il regagnait son atelier, ravivait le foyer en actionnant vigoureusement la chaînette d’un imposant soufflet surplombant le brasier.

                                   L'atelier du maréchal-ferrant

   Un premier client arrivait avec son cheval, dont les sabots avaient grand besoin d’être remis à neuf. Après avoir tranquillement attaché l’animal, le maréchal soulevait un des pieds de son « patient » avec une sangle en cuir et chargeait le charretier de maintenir le sabot à bonne hauteur pour favoriser la mise en forme et l’ajustage du fer. Au bout d’une petite heure, le charretier repartait avec son cheval « chaussé à neuf ». Entretemps, plusieurs autres « clients » s’étaient présentés et, attachés sous un appentis, attendaient leur tour. Le maréchal ne manquait pas d’ouvrage avant l’arrivée des tracteurs et autres moissonneuses-batteuses. À la veille de la Grande Guerre, on comptait environ 150 chevaux répartis entre les différentes exploitations de la commune. Et puis il y avait les réparations à faire au matériel et divers travaux de forge.


Prix de vente public : 25,00 € TTC